Témoignage d'Alice Muler

Ma première impression quand je suis arrivée à SANOR a été très bonne. Le terrain, d’abord, magnifique en octobre, encore très vert avec ses grands baobabs.  J’ai ensuite été accueillie  très chaleureusement par madame Palogo qui m’a fait visiter le bâtiment, très beau, très propre!
 Les enfants se trouvaient à l’entrée avec Lucienne et j’ai été étonnée par le calme qui régnait. Quinze (15) à vingt (20) enfants de moins de 2 ans réunis, je m’attendais à des pleurs et gémissement constants. Mais non, tout ce petit monde jouait tranquillement. C’est mon arrivée qui a tout chamboulé, certains se sont mis à pleurer, d’autres se sont cachés, bref, la panique générale.  "C’est parce qu’ils n’ont pas l’habitude de voir des blancs tous les jours, m’a-t-on expliqué, ils vont très vite s’habituer à toi". Je me suis donc assise par terre, j’ai attendu et en effet, un premier enfant est venue, puis un deuxième et petit à petit tous les enfants sont venus.

Ne partant que pour quatre mois, je ne m’attendais pas à voir les enfants grandir. Je pensais le temps trop court pour voir de façon marquante leur évolution. Mais je me trompais. Quelques semaines après mon arrivée, j’ai regardé Dala Reine  et je l’ai trouvée métamorphosée, elle avait bel et bien grandi ! C’est ensuite Loukman qui m’a impressionné. A  mon arrivée c’était encore un vrai bébé,  mais curieux, qui roulait- boulait à travers toute la pièce pour rejoindre les objets convoités. Petit à petit, il s’est mis à marcher à quatre pattes pour aller attraper tout ce qui pouvait attirer son regard (caca, pipi compris, au grand désarroi des nourrices). Puis Nouriatou s’est mise à marcher, puis Maïmouna et maintenant  Gislaine ! Sumé Reine et Ousmane se tiennent debout, elles marcheront avant mon départ, ça  ne fait aucun doute. Même Innocent commence à se mettre sur ses deux pieds. Les nouveaux arrivants grandissent vite et les grands deviennent terribles ! A mon arrivée tout était encore assez calme. Un soir, les enfants étaient déjà couchés depuis une bonne heure et malgré cela, ils faisaient un bruit de tonnerre. Je passe devant leur chambre et vois que la lumière est allumée, je l’éteins et vais dire aux nourrices que c’était allumé. "On a dû oublier d’éteindre, c’est pour ça qu’ils font autant de bruits". Quelques minutes plus tard, entendant trop de bruit, je retourne dans la chambre et la lumière était à nouveau allumée.  "Ça y est, ils ont compris le truc de l’interrupteur !" Et ça a commencé à devenir la course folle ! Chaque jour les enfants (la bande des plus grands) s’essayaient à toutes les bêtises que le cadre permettait d’expérimenter. Ouvrir les portes, renverser les seaux d’eau, jeter des grains de riz partout, vider les armoires des couches, etc. (Dieu soit loué, ils n’ont pas encore compris comment tourner les clefs dans les serrures) certains parviennent même à descendre du lit, ce qui leur permet de faire de joyeuses fêtes nocturnes, enlevons tous nos draps et grimpons dans le lit du voisin !

Bref, période drôle (on ne s’attend pas à une telle inventivité dans les bêtises), mais extrêmement fatigante qui arrive sur sa fin avec le départ des grands. Un crève- cœur,  mais un soulagement pour tous ! 

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